Lexique des titres

Prince

La couronne des Prince du sang est de une fleur de lys et deux demi-fleurs de lys coupées avec deux fleurons entre les lys.

Le heaume des princes du sang, est comme celui du dauphin,"taré de face", à demi-ouvert, surmonté de la couronne princière.

 La qualification de prince, qui se donne en France, comme dénomination générique, à tous les rejetons du sang royal, occupa toujours le second rang comme dignité inhérente à la possession d'une terre, et ne fut affectée à aucun des grands fiefs ni arrière-fiefs immédiats de la couronne; ce qui semblerait même devoir la faire placer après la qualité de comte, si l'usage contraire n'avait prévalu depuis trois siècles.

 

Il n'y eut jamais de terre érigée régulièrement en principauté par lettres patentes de nos rois. Presque toutes celles qui en reçurent le titre durent cet avantage aux circonstances suivantes:

Le nom de prince était dans l'origine synonyme de celui de sire ou seigneur, comme le prouve Ducange dans son Glossaire, tome V, page 846. Le mot latin princeps, primus caput, dont il est un dérivé, exprimait simplement l'idée de primauté, de prééminence. Nous voyons en effet, dans les chartes du XIème et du XIIème siècle, beaucoup de fiefs, la plupart sans importance et sans étendue, dont les possesseurs prirent indistinctement, et quelquefois simultanément, les qualités de princeps ou de dominus. Ducange en cite un grand nombre d'exemples, auxquels on pourrait en ajouter encore beaucoup d'autres. C'était sans doute un résultat de l'anarchie qui régnait alors, et qui donnait au plus petit vassal la prétention d'être indépendant, de ne reconnaître aucune suprématie, et de s'intituler, comme le faisaient quelques-uns, duc, comte, etc., par la grâce de Dieu. Lorsque le régime féodal se constitua plus régulièrement, l'expression princeps, prince, changea de valeur, et devint une qualification générique exclusivement réservée aux rejetons du sang royal et aux membres des maisons souveraines.

 

Cependant, plusieurs de ces seigneuries, dont les anciens propriétaires s'étaient appelés princes, passèrent dans les temps modernes sous la domination de familles puissantes, qui relevèrent le titre de prince, au mépris de son changement d'acception. Le haut rang des usurpateurs leur assura la tolérance, la courtoisie fit le reste. C'est ainsi qu'il s'établit en France un certain nombre de principautés parmi les fiefs qui formaient le patrimoine de grandes maisons, pour la plupart ducales ou d'origine souveraine.

 

De nos jours, la question de synonymie des titres de sire et de prince a été soulevée par M. le Marquis d'Asnières-la-Chateigneraye. Sans doute, puisque les anciens seigneurs de Pons prenaient la qualité de sires, ils auraient pu, à l'exemple de beaucoup de leurs contemporains, se qualifier princeps, princes; mais il faut remarquer: 1ère qu'ils ne l'ont pas fait; 2ème qu'il faut tenir compte de la différence de valeur qu'a épousée la même expression.

 

En Angleterre, la qualification de prince n'appartient qu'aux rejetons du sang royal.

En Russie, elle est portée par les familles de la haute noblesse qui se prétendent de race souveraine. Ces maisons ne s'élèvent qu'à soixante environ.

En Allemagne, où il n'y a que quelques duchés, tous souverains, le titre de prince est le titre le plus éminent de la noblesse médiatisée: l'empereur le confère par diplôme, soit à tous les membres d'une famille, soit à l'aîné seulement dans l'ordre de primogéniture. Le pape, qui donnait autrefois l'investiture à l'empereur, s'est attribué le droit de faire des princes du Saint-Empire-Romain. Cette dernière épithète les distingue des princes de création allemande.